Hip Hop à El Alto (Bolivie)

A  la recherche du bon son! Culture Hip Hop à El Alto

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El Alto (Le Haut) est une commune qui fait partie de l’énorme agglomération de la Paz, capitale de la Bolivie. Jusqu’en 2003, elle était peu connue mais les soulèvements populaires contre la vente du gaz et plus précisément contre l’ancien président Sanchez de Lozada a montré l’importance de cette commune comme centre de dynamisme politique et culturel des migrants issus des différentes provinces du pays vers la capitale.

Depuis le début du XXème siècle, El Alto a accueilli les migrations de paysans et de mineurs de régions reculées du pays, constituant au départ une banlieue de la capitale. Dans les années 60, avec l’intensification importante de ces migrations, la population atteignait déjà 30.000 habitants, et les les premières organisations syndicales s’étaient formées… En 1985, El Alto obtient officiellement l’autonomie municipale et à ce moment là, sa population explose (211.000 personnes de plus en 12 ans). On suppose actuellement qu’elle approche les 800.000 personnes avec 60% de la population qui a moins de 25 ans !

Ces quelques chiffres peuvent nous donner une idée de la situation, en sachant que cette jeunesse subit de plein fouet le chômage et la marginalisation … Pas évident pour l’Obama aymara* de redresser en quelques années toute une structure qui laisse de côté la plus part de la population.

Evo Morales (premier président indien de la Bolivie et ancien dirigeant paysan «cocalero**») a fait de grands changements en faveur de son peuple, dont une partie est désormais fière d’être indienne. Mais le temps passe vite et les nouvelles générations qui vivent entre la ville et la campagne, entre leurs anciennes coutûmes et la vie « moderne », sont assoiffées de justice sociale et attendent l’opportunité de s’en sortir.

Dans les rues d’El Alto, ils vont de petit boulot en petit boulot, accompagnés par le son du Hip Hop, musique qui a subi l’influence du Brésil, du Mexique et des Etats-Unis.

Le «pur son» passe bien parmi les plus jeunes et rapidement fait écho aux réalités du pays, en racontant par exemple les durs affrontements de 2003. Ils sont désormais à la recherche d’un Hip Hop plus «alteño***» …

La ville a cependant du mal à intégrer ces jeunes migrants, qui débarquent pourtant plein de fraicheur et d’illusion.

*ethnie indienne des Andes
**producteur de feuilles de coca
***originaire d’el Alto

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