Leçon de Palestine par Elia Suleiman

le temps qu'il reste film d'Elia SuleimanA l’occasion de la sortie de son film « Le temps qu’il reste », Elia Suleiman, auteur-réalisateur était l’invité d’ Escales estivales sur France Inter mercredi 12 aout.

Vous pouvez écouter l’émission jusque mercredi 19 ici

Une interview qui donne envie de foncer voir le film aux 400 coups !

Face à un journaliste qui lisait consciencieusement ses fiches, Elia Suleiman remettait les choses au point avec un humour décapant.

Par exemple, 1ere question du journaliste : « Vous évoquez ces palestiniens qui vivent en Israël, qui en ont obtenu d’ailleurs la nationalité et que l’on nomme les arabes israëliens. On en compte 1,3 millions. Sont ils plus préservés que les palestiniens en territoire occupé ou que les réfugiés expatriés dans les pays avoisinants dont vous parlez aussi dans le film par petites touches »

Réponse d’Elia Suleiman: « excusez moi, je dois remettre mes lunettes pour répondre à votre question. Je ne m’attendais pas à ce que cela démarre si fort.
Le film traite avant tout de ces palestiniens qui se sont vus attribuer le nom d’arabes israelien parce qu’ils sont restés là après 48 et on va jusqu’à les appeler des présents absents, puisque l’état israelien ne les a pas reconnu et donc qu’ils sont dans une espèce de no-man’s land symbolique. et en fait pour moi, il s’agit d’aller au coeur de ce que l’on pourrait nommer le big bang de la question palestinienne et de l’identité palestinienne et qui a fait que ce peuple tout entier s’est retrouvé réfugié. que ce soit sur sa terre ou dans les pays environnants ».

Dernière question du journaliste : (qui continue à lire ses fiches et n’a toujours pas compris ! on vient d’entendre un extrait du film où des enfants chantent pour fêter Israël) « Pensez vous que si on éduque aujourd’hui tous les enfans israeliens et palestiniens a célébrer toutes les fêtes, y compris celle du voisin, parce qu’il y a la figure du voisin qui apparait souvent dans votre film. On peut espérer la paix un jour dans cette région du monde. Est ce que cela commence par là. »

Réponse d’Elia Suleiman : « C’est une question assez perverse » (pourquoi perverse demande le journaliste) parce que vous ne pouvez célébrer quoi que ce soit avant d’avoir installer un minimum de justice et c’est bien ce que montre cette scène. Ces enfants sont censés rendre hommage à l’indépendance d’Israël qui leur est pourtant imposée »

NB : Elia Suleiman ne prêtant aucunement donner une leçon d’histoire ou de géo politique. Simplement si les personnes qui ont vu le film ont envie ensuite de mieux s’informer et mieux comprendre, tant mieux. Le mot leçon utilisé pour ce titre est plutôt un clin d’oeil à destination du journaliste qui a certainement beaucoup à apprendre ou à comprendre sur le dossier.

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