les Indiens vus par les Indiens (Nord-Est du Brésil)

Les indiens vus par les indiens livre nord est brésilCoup de coeur du bibliobus ! Nouveauté qui nous a été transmise par le réseau RITIMO dont nous faisons partie.
Ecologie, résistance, humanité : Un message aussi rayonnant que le visage de Zabelé Pataxo (74 ans) qui illumine la couverture de ce livre.

Ce recueil réunit les témoignages d’Indiens de plusieurs communautés (Kariri-Xoco, Pankararu, Pataxo, Pataxo Hahahae et Tupinamba, situés au Nord Est du Brésil), témoignages qu’ils ont eux même sélectionnés parmi leurs livres déjà publiés en portugais.
Ils écrivent et photographient pour que le monde sache qui ils sont et qu’ils puissent ainsi obtenir Respect, Justice Liberté et Dignité. 
Pari gagné ! côté lecteur
qui est conquis par la sagesse de ces témoignages. Reste à convaincre le gouvernement brésilien de soutenir réellement et d’activer les droits des populations à vivre dignement sur leurs territoires.

Depuis 2001, l’ONG THYDEWAS facilite des « Ateliers d’expression » dans les villages Indiens permettant ainsi, en plus de la publication de ce 14ème livre, la gestion du portail internet www.indiosonline.org.br

Cette édition est le fruit d’un partenariat entre Thydewas et la Maison des Droits de l’Homme de Limoges voir ici 

Lire quelques extraits

« Depuis mon enfance, j’ai toujours entendu mes parents parler de notre relation avec la Terre où nous vivions. Le message transmis était que jamais ne soit rompu le « pacte » de l’Homme avec la Nature, c’est à dire que jamais ne soit vendu ou troqué comme marchandise ce qui nous a été confié par Tupã

« C’est sur la Terre que nous vivons [...] Notre devoir est d’en prendre soin pour les générations futures. C’est pour cette raison que nous ne ressentons pas le besoin de posséder que nous ne délimitons pas les espaces ni ne les transformons en marchandise, en leur retirant toutes leurs forces et en nous en emparant. La ‘mort’ de la Terre est aussi la nôtre. l’Homme faite partie de l’Univers et n’en est pas le maître.  » Yakuy Tupinambà

« Pour le blanc, ‘primitif » signifie ‘en retard’ : pour nous, la connaissance la plus primitive est la plus avancée. Par exemple, si nous avons vécu cinquante mille ans, c’est parce que nous avions un savoir traditionnel modèle, nous vivions sans avoir faim, sans être pauvres, sans injustice ni violence … Aujourd’hui il y a des guerres, où meurent des enfants. Nous luttionspour survivre. De nos jours, on cherche à éliminer notre culture, compromettant ainsi le futur. Nous n’obligions aucune autre culture à croire en un autre Dieu. » Nhenety Kariri-Xoco

« Notre salle de classen’est qu’une cabane couverte de paille, mais ce n’est pas pour cette raison que nous laisserons nos enfants sans éducation. Même sous un arbre, ils doivent étudier. » Lica Pataxo 

« Jusqu’en 1980, lorsque parut notre première démarcation, c’était trés difficile ici. Les familles souffraient de la répression de l’IBDF (Institu Brésilien du Développement Forestier), ne pouvant ni cueillir de fruits, ni chasser ou pêcher. En fait, on ne pouvait rien faire [...] Ils nous arrêtaient pour rien. Il nous tirraient des balles dessus dans la forêt. Ils prenaient nos fusils et tuaient nos chiens. Ils démontraient un abus total de pouvoir. Au bout de centaines de réunions et discussions, nous avons décidé de commencer les reprises, d’agrandir notre territoire et de revendiquer nos droits.  » Joel Braz, un des coordinateurs du Front de Résistance et Lutte Pataxo. (en prison depuis 2002 pour des crimes qu’il n’a pas commis.

« Ce que nous voulons c’est la Paix »  Juracy

« Aujourd’hui, sans forêt nous sommes morts » Juvenal Rodriguez dos Sandos.

« La religion des Indiens n’est pas mauvaise. Aujourdh’ui nous Pataxo-Hhhe, avons déjà récupéré environ 16 000 hectares de terre dans cette région et lors de notre rituel nous disons « merci » car sans le rituel nous n’aurions pas pu résister à autant de pression.  » Nailton Pataxo-Cacique.

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